Comme le temps passe vite, ne trouvez-vous pas ? Le 1er mars 2016, j’ai terminé le challenge de lecture “We Need Diverse Books.” Ou, je pense que vous le comprendrez très vite, j’ai terminé mon premier challenge “We Need Diverse Books”, en attendant le suivant.

Aujourd’hui je vous dis ce que j’en ai pensé et je vous fais une petite sélection de livres que j’ai beaucoup appréciés.

Comment s’est déroulé le challenge “We Need Diverse Books” ?

Il y a un an, voici comment je présentais mes critères de sélection de lecture :

Pendant un an, je ne lirai pas de livre écrits par des hommes blancs, supposément cisgenres et hétérosexuels (je suis consciente de ne pas toujours avoir de certitudes sur ces deux derniers critères). Cependant, je m’accorde le droit de lire les créations de gens que je connais plus ou moins personnellement et que je sais ouverts dans leurs représentations (des proches et/ou des gens avec lesquels j’ai déjà discuté de diversité), ainsi que de lire des livres que l’on m’a offerts. Ces deux critères sont essentiellement motivés par l’affection pour mon entourage, parce que je sais que je fréquente des gens qui créent des choses intéressantes et qui me font des cadeaux avec bienveillance.

C’est donc ce que j’ai fait durant cette année.

Au début, j’ai pris ma pile de livres à lire et j’ai fait de la place (beaucoup de place) pour ne conserver que les livres qui rentraient dans ces critères. C’est à ce moment-là que j’ai pleinement réalisé que ce challenge serait intéressant.

Il l’a été, sur plusieurs points différents. Tout d’abord, j’ai découvert beaucoup d’auteur·e·s à cette occasion. J’ai pu ouvrir ma bibliothèque à des œuvres auxquelles je n’aurais pas pensé. Par contre, je suis consciente de n’avoir fait que la moitié du chemin que j’aurais pu faire. Un an, finalement, c’est court. Il y a des continents que je n’ai pas eu le temps d’approcher (et je ne vous parle pas des pays). J’ai à peine entamé le prisme LGBTQI+. Je reste un peu sur ma faim.

Par ailleurs, je n’ai peut-être pas suffisamment échangé sur ce challenge. J’ai eu quelques messages de gens qui s’étonnaient que je le fasse (à base de “Mais… qu’est-ce que tu vas lire ?” et de “Tu n’aimes pas les hommes, c’est ça ?” ). J’ai eu peu de conseils, mais ma curiosité a bien nourri ma pile de lecture.

Niveau qualité… eh bien, je n’ai pas eu de grande surprise : le genre, la sexualité ou la vie des auteurs ne déterminent pas la qualité de leur écriture. Par contre, après avoir lu des récits qui présentent des personnages auxquels je m’identifie, il m’est très étrange de tomber sur un texte qui correspond davantage à ce que je lisais avant le challenge. J’ai fait cette malheureuse expérience deux fois durant ce début d’année 2016 et cela me donne surtout envie d’abandonner ces lectures. Je suis moins patiente et j’ai envie de lire des choses qui me transportent, qui me captivent et m’intéressent.

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Je suppose que ce n’est pas une mauvaise chose, loin de là.

Pour toutes ces petites découvertes et ces frustrations, j’ai très envie de poursuivre ce challenge.

Mes conseils de lecture

En août, je vous proposais une première partie de mes conseils de lecture, d’après les livres lus pendant le challenge “We Need Diverse Books”. J’ai aussi tenu, durant toute l’année, une liste sur SensCritique, qui a deux défauts : elle ne prend pas en compte les BD et il manque quelques livres.

Je lis peu quand j’écris beaucoup (et vice-versa) et je fonctionne par phases. Je pense avoir lu une quarantaine d’œuvres pendant un an. C’est plus que ce que je lis d’habitude. Ceci dit, c’est peut-être aussi dû au temps que je passe dans les transports en commun, qui a beaucoup augmenté.

Voici la suite de mes suggestions de lecture !

You’re Never Weird on the Internet (Almost)” de Felicia Day

C’est mon coup de coeur de l’année, le livre qui m’a fait le plus de bien. J’ai rédigé une chronique à son sujet et j’en garde un excellent souvenir. J’aimerais que le monde entier lise cette autobiographie. Vous savez quoi faire, maintenant.

Nous sommes tous des féministes” de Chimamanda Ngozi Adichie

Voici le dernier livre terminé avant la fin du challenge “We Need Diverse Books”. une vidéo de Naya m’a convaincue de me le procurer :

Dans ce petit livre traduit par Mona de Pracontal et Sylvie Schneiter (il coûte 2€, est très court et très instructif, vous devriez vous passer d’un ou deux cafés pour le lire), Chimamanda Ngozi Adichie nous parle de l’importance du féminisme dans l’éducation. C’est une bonne porte d’entrée pour les personnes qui s’intéressent au féminisme. Je commence à le prêter autour de moi pour semer des petites graines.

Le Cycle d’Avalon” de Marion Zimmer Bradley

Certes, cette réécriture des mythes arthuriens est un classique. Mais je ne l’avais pas encore lue et une amie me l’a offerte. Je suis en train de lire “Le Secret d’Avalon.” mais je peux déjà dire que j’ai beaucoup apprécié la lecture. Plus jeune, je ne lisais presque que des légendes ayant un rapport avec la Table Ronde (merci aux membres de ma famille pour leur patience). J’aime beaucoup relire cette histoire selon le point de vue des personnages féminins.

J’ai lu la version française de Brigitte Chabrol (si vous avez la curiosité de lire la page Wikipedia de Marion Zimmer Bradley, vous verrez qu’il y a une petite histoire sur cette traduction).

Le meilleur des jours” de Yassaman Montazami

Dans cette biographie, l’auteure raconte l’histoire de son père, un révolutionnaire iranien. J’ai été touchée par l’affection que je ressentais au fil du texte, par les émotions qu’il laissait remonter. Je l’ai reçu en cadeau, c’était une belle découverte.

Chainmail Bikini” par un collectif

Anthologie de BD éditée par Hazel Newlevant, “Chainmail Bikini” présente des petites histoires de femmes qui jouent (à des jeux de rôle, à des jeux de plateau, à des jeux vidéo…). Les voix et les expériences sont très différentes, cela peut parfois dérouter, mais l’ensemble est très intéressant et plutôt harmonieux.

L’autre moitié de l’homme” de Joanna Russ

Ce roman de science-fiction présente plusieurs expériences de femmes, dans plusieurs époques, plusieurs stades de leurs vies. Le jeu de miroir est intéressant et la science-fiction sert bien le discours féministe. J’ai regretté, à la lecture, un style et un rythme assez erratiques et des expressions très étranges. Après discussion avec d’autres lecteurs, j’ai découvert que c’était la traduction française qui en était responsable. Dommage…

L’abîme de Léviathan” de Jayge Carr

J’ai beaucoup apprécié ce roman de science-fiction de Jayge Carr, traduit par Elisabeth Vonarburg. C’est l’histoire de Dame Kimassu, qui vit depuis toujours dans une société misandre et qui découvre les humains qui arrivent sur sa planète. Puisque les visiteurs sont attachés à leur société patriarcale, cela provoque un choc des cultures. Au final, ce récit est une belle réflexion sur les rapports de force.

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Et après ?

Je vous ai dit que j’étais frustrée par la fin de ce challenge. J’ai envie de m’y remettre.

Néanmoins, il s’est passé quelque chose à Noël : à un livre près, on ne m’a offert que des romans écrits par des hommes (j’aurais dû rappeler l’existence du challenge). Puisqu’on me demande régulièrement ce que j’ai pensé de ces cadeaux, que “euh… j’y pense !” n’est pas toujours une réponse appropriée pour conserver des relations sociales, je vais d’abord rattraper mon retard à ce sujet.

Quand ce sera fait, je me relancerai dans un challenge “We Need Diverse Books” ! En attendant, si jamais vous lisez un ou plusieurs livres que je vous ai conseillés, n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé. Je suis plutôt curieuse.

Je prends aussi les suggestions de lecture !