L’autre jour, je discutais avec des personnes qui écrivent et qui me demandaient des astuces pour finir la rédaction d’un roman. Il me semble difficile de vous donner des règles universelles qui feront que vous terminerez à coup sûr tout ce que vous entreprendrez, mais je vais vous donner quelques pistes !

Introduction

Je connais beaucoup de gens qui écrivent. C’est ça d’avoir une passion et de fréquenter des gens qui la partagent ! Mais peu de ces personnes terminent leurs récits.

Il y a beaucoup de raisons à cela. Tout d’abord, je tiens à signaler qu’il y a quantité de facteurs extérieurs contre lesquels toute la bonne volonté du monde ne fera pas grand-chose (dépression, maladie, événements dans nos vies personnelles ou professionnelles qui nous affectent…). Je ne suis pas de ces gens qui vous diront “quand on veut on peut” car cela me semble un peu facile à balancer. Ce n’est pas si grave de ne pas finir un projet. On ne peut pas tout maîtriser. Même si on peut agir à notre échelle.

Les astuces que je vais vous donner sont des astuces qui fonctionnent pour moi. J’ai lu, j’ai essayé, j’ai adapté et appris ce qui me convenait. Je ne suis pas certaine que cela fonctionnera chez vous ! Et je vous invite grandement à adapter mes astuces à votre façon d’être.

Apprenez à vous connaître

Pour moi, c’est le plus difficile à faire et le plus important quand on écrit.

Posez-vous une question :

Sans forcément penser à l’écriture, qu’est-ce qui vous pousse à terminer un projet ? 

Par exemple, je sais que la culpabilité me pousse beaucoup. Je m’en veux de ne pas achever ce que j’ai commencé. Alors je me donne des objectifs d’écriture, grâce auxquels j’avance petit à petit. Si cela vous parle, n’oubliez pas que ces objectifs doivent être réalisables. Ce n’est pas la peine de vous dire “j’écris un roman en une semaine” car cela ne sera pas possible (sauf si vous écrivez vraiment vite).

Une autre chose me motive : je déteste traîner trop longtemps sur un projet. Il faut une fin, il faut que j’estime combien de temps cela durera. Et pas seulement pour écrire ! Je n’aime pas commencer des sagas de livres ou de BD si je ne sais pas combien il y aura de tomes, j’évite de regarder trop de séries qui ne sont pas terminées. Les amis qui font du jeu de rôle avec moi vous diront que j’aime bien avoir une idée de quand les scénarios s’achèveront et qu’il y a un certain laps de temps au bout duquel j’ai envie de passer à un autre univers (ce qui fait que mes scénarios sont plus courts que ceux des autres). Plus les choses traînent en longueur, plus ma mémoire à trous a tendance à oublier des éléments… et c’est fâcheux, notamment, dans une décalogie qui n’est pas terminée !

Il vaut mieux terminer un projet que de chercher la perfection

L’autre jour, j’ai découvert une vidéo grâce à Timtimsia. Cela illustre parfaitement ce que j’ai en tête :

La vidéo est en anglais. Si jamais vous ne comprenez pas, voici le résumé : ne perdez pas de temps à créer quelque chose de parfait. Ce qui vous paraît parfait aujourd’hui ne le sera plus dans plusieurs années, parce que vous aurez plus d’expérience. Mais le terminer, c’est avoir la satisfaction d’avoir achevé un projet, c’est avoir la chance de le montrer à d’autres personnes (si vous en avez envie). C’est passer à autre chose plus facilement.

Je suis moi-même une perfectionniste et j’ai beaucoup pris sur moi pour ne pas passer des heures sur une phrase. C’était mon premier pas vers le lâcher-prise.

Mais figurez-vous que la phase de rédaction d’un roman n’est pas faite pour être parfaite. Il y aura beaucoup à faire après. Alors terminez ça, puis passez à autre chose (rangez-le ou corrigez-le).

Je trouve que je m’améliore davantage quand je termine d’écrire un roman que quand je laisse un projet en plan. Parce que j’ai tendance à revenir sur un texte bouclé, à le retravailler, à l’étudier, à le corriger. Je ne reviens jamais sur les récits que je n’ai pas finis. Il m’arrive d’essayer de les terminer plusieurs mois plus tard, mais c’est plus compliqué de trouver la force d’écrire et il y a un risque qu’il manque de l’harmonie dans le style.

Évitez les projets trop longs

Je dois vous avouer que je n’ai jamais terminé une seule des sagas que j’ai entreprises. Généralement, je me perds dans des circonvolutions, ou je ne suis pas satisfaite de la fin. Quand j’étais adolescente, je voulais monter un univers personnel, sur lequel je pensais écrire quasiment toute ma vie. Cela n’a pas pris, parce qu’un jour, en plein NaNoWriMo, je me suis rendue compte que je m’étais moi-même lassée de mon univers.

Ecrire une saga est difficile : c’est long. Je sais, c’est bête, mais c’est important à garder en tête. L’histoire va prendre des années à se monter. Et qui vous dit que vous penserez de la même manière dans cinq ans, par exemple ? Il y a énormément d’éléments à garder en tête, le ton peut changer, vous pouvez avoir besoin d’exprimer d’autres choses… Regardez George R. R. Martin et le Trône de Fer. Il a commencé à écrire en 1991 ce qu’il pensait être une trilogie, qu’il n’a toujours pas terminée. Plus votre histoire est longue, plus vous prenez le risque qu’elle vous lasse, ou qu’elle vous perde dans ses informations.

Lancez-vous dans un long projet si vous le souhaitez ! Cependant, dans ce cas, gardez le cap. Faites des plans. Préparez le sujet. Faites en sorte de ne pas vous laisser surprendre par l’histoire.

Aimez vos personnages

Plus jeune, je me suis fait la réflexion que la plupart des héros de romans qui avaient du succès étaient des hommes cyniques et désabusés. J’ai essayé d’écrire une histoire avec un protagoniste comme ça, espérant que, si elle était publiée, j’aurais plein de lecteurs.

On ne saura jamais à quel point cette idée était stupide parce que je ne supporte pas ce genre de personnage. N’arrivant pas à apprécier mon protagoniste, je me suis lassée de l’histoire assez rapidement.

Quand nous écrivons, nous passons un long moment avec nos protagonistes. Mieux vaut les apprécier, pour avoir la curiosité de suivre leur histoire. Je m’arrange pour créer mes personnages d’une telle manière qu’ils pourraient être mes amis. Si vous arrivez à supporter des gens que vous détestez, tant mieux. Mais je préfère des gens qui, même s’ils ne sont pas parfaits, me sont assez sympathiques pour travailler plusieurs heures par semaine sur leur histoire. C’est plus simple et l’écriture devient plus agréable !

Assurez-vous de savoir où vous allez

L’une des façons les plus simples de terminer un roman, c’est de savoir quelle en sera la fin avant même de commencer la rédaction.

Ce n’est pas simple à faire. Je ne vous recommande pas forcément d’avoir un plan précis pour tout votre texte. Songez essentiellement à votre arc narratif principal. Lequel est-ce ? Comment va-t-il s’achever ?

Quand vous pensez à votre fin, essayez de répondre à la plupart de ces questions :

  • Quels personnages seront présents ?
  • Quand cela aura-t-il lieu ?
  • Où se déroule la fin ?
  • Comment le récit va-t-il en arriver là ?
  • En quoi est-ce que c’est la fin ?
  • Qu’est-ce que cela amène au récit ?
  • Qu’est-ce qui se passe dans cette séquence ?

Vous n’aurez pas forcément de réponses à toutes les questions. Mais plus vous en aurez, plus la fin sera déterminée et plus le cap sera facile à atteindre. Il est très simple de se perdre dans son récit quand on ne sait pas comment le terminer, d’ajouter des dizaines de circonvolutions et de finir bloqué·e.

Je me permets quelques mots sur les deux derniers projets que j’ai terminés. Pour l’un des deux, j’avais préparé pas moins de cinq fins possibles. Néanmoins, elles se déroulaient toutes au même endroit, au même moment, avec les mêmes personnages. Au final, la séquence est un mélange de plusieurs de ces fins. Et je n’ai pas eu de souci pour l’atteindre. Mon autre récit avait un plan beaucoup plus strict, ce qui fait que je connaissais la quasi-totalité des éléments de la fin.

Quand je m’éloigne de l’écriture et que je songe à tous les projets (loisirs ou professionnels) que j’ai et ai eus, je me dis qu’il est bien plus simple pour moi d’avancer quand je connais les objectifs et qu’ils sont réalisables. Alors pourquoi me lancerais-je dans un roman sans savoir où je veux aller ? 

Trouvez votre rythme d’écriture

Je ne suis pas une fan des conseils du type “attendez l’inspiration.

Ne l’attendez pas. Je ne sais pas si les muses existent, personnellement je ne pense pas en avoir. J’écris. Je fais mon possible pour écrire régulièrement. Bien sûr, je m’accorde le droit de ne pas écrire quand je suis fatiguée, malade, que je n’ai envie de rien. L’existence d’un rythme, de rendez-vous réguliers, m’aide à avancer.

Il est très rare que je reste devant mon ordinateur pour écrire durant des heures, parce que l’inspiration est là et que je ne veux pas m’arrêter. De toutes manières, l’inspiration, chez moi, surgit généralement quand je ne peux pas écrire (sous la douche par exemple). Je tente de faire de l’écriture quelque chose de plus mécanique, peut-être même de naturel, par opposition au côté surnaturel de l’esprit magique qui me dirait quoi rédiger.

Fêtez la fin de la rédaction

C’est une astuce bonus. Trouvez toujours un beau cadeau à vous offrir quand vous avez terminé votre rédaction. Vous le méritez !

Crédit photos : Les photographies sont tirées de la série “Kashmir Big Cartel” de Death to Stock.